Archives de Catégorie: Société / Sociedad

« Nos no vamos, nos echan » –  »Nous ne partons pas, ils nous foutent dehors »

Hier, dimanche 7 avril, une manifestation mondiale est passée totalement inaperçue dans nos médias français, trop occupés à nous parler de moralisation de la vie politique.

Des milliers de jeunes actifs espagnols qui ont émigré, mais aussi ceux qui ont décidé de rester en Espagne ont manifesté contre la précarité, le chômage, la pauvreté qui les touchent depuis quelques années. Leur mot d’ordre est simple : ils ne sont pas partis de leur plein gré, on les a foutus dehors.

Qui ça ? Les politiques, qui à coups de coupures budgétaires et d’austérité généralisé, ne permettent plus d’assurer un avenir décent à cette génération sacrifiée.

Cette jeunesse indignée est loin d’être résignée, et on voit que contrairement à la France, le mouvement des indignados espagnols est encore très actif, bientôt deux ans après les grandes manifestations qui ont vu la naissance du mouvement du 15M.

Nous allons ici transmettre leur vidéo d’appel à la mobilisation, et nous vous proposons une traduction du texte de la vidéo qui résume la situation:

Des milliers de jeunes se voient forcer d’émigrer à cause d’une crise qui a ses responsables. Chaque réforme du travail nous pousse à choisir entre le chômage, la précarité ou l’exil. Les coupures budgétaires dans les services publics, la santé, l’éducation, nous mettent aussi dehors.

Quand ils nous obligent à choisir entre la précarité comme mode de vie, ou sauter dans le vide, ils nous séparent de nos êtres chers et ils nous condamnent à une vie de nomade.

Pour la génération de nos parents, il n’était pas nécessaire de connaître l’anglais pour comprendre les paroles chantées par Bob Dylan. L’espérance se transmettait, les temps étaient entrain de changer.

Un message différent a été imposé à notre génération. On insiste pour nous faire croire que c’est à notre tour de vivre des temps difficiles, et qu’il n’y a pas d’autres alternatives possibles, que seulement nous pouvons accepter ce qui vient, sans nous plaindre.

Mais nous savons que nous pouvons changer cela. Récupérons l’espérance pour reconquérir notre futur. Récupérons nos vies, celles de Madrid, de Londres, de Buenos Aires, de Berlin, de San Francisco.

Le 7 avril les temps vont changer. Nous allons les combattre de toutes parts. Nous ne partons pas, ils nous foutent dehors.

Pour plus d’infos voir le site (en espagnol) : http://www.nonosvamosnosechan.net/

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Un projet socioprofessionnel et thérapeutique à El Alto

El Alto est une ville située au-dessus de La Paz, à 4100 mètres d’altitude. Fondée dans les années 1990’s, cette ville s’est créée suite à l’exode rural, provoqué par une grande sécheresse et par la fermeture de plusieurs exploitations minières de la région. Les populations migrantes venaient chercher du travail dans les usines de La Paz, et s’installèrent aux alentours de la ville. La croissance démographique annuelle de El Alto s’élève à 10%. L’arrivée en masse de populations migrantes a provoqué une organisation anarchique de la ville et aujourd’hui encore, les infrastructures ne peuvent pas répondre aux différents besoins de la population.  Face à cette réalité, de nombreux projets de solidarité internationale se sont développés dans la ville, essayant de faire face aux problèmes de violence, de santé ou de pauvreté.

L’un d’eux est le projet l’organisation Enda Bolivia El Alto, qui s’articule autour d’un centre d’accueil thérapeutique pour filles de la rue, d’un projet de thérapie de groupe en collaboration avec des collèges, d’un centre d’accueil thérapeutique pour les filles victimes de violences, et enfin d’un projet de formation professionnelle avec des femmes et les filles du projet en processus d’indépendance. Enda Bolivia El Alto est le seul centre thérapeutique résidentiel en Bolivie qui existe pour les filles mineures (de moins de 18 ans). Il n’en existe pas d’autre, que ce soit dans le secteur privé ou public.

Les patientes sont accueillies de manière résidentielle pendant au moins 3 mois dans l’un des deux centres, en fonction de leur vécu et de leur problème. Enda travaille en collaboration avec la Police des Mineurs de Bolivie, qui amène certaines victimes au centre. D’autres viennent d’elles-mêmes ou sont accompagnées par des voisins ou instituteurs. Une fois la thérapie réalisée, elles sont accueillies dans des orphelinats pour les plus jeunes, des centres pour jeunes mamans (car certaines d’entre elles sont enceinte ou ont un bébé suite au viol, et l’avortement est puni par la loi en Bolivie) ou bien réintégrées dans leur famille, quand cela est possible. Lorsqu’aucune de ces options n’est envisageable, un processus d’autonomie se fait et Enda soutient la jeune fille jusqu’à ce qu’elle termine ses études, qu’elle ait un logement et un travail.

Ce projet est une organisation à but non lucratif qui existe grâce à des financements de coopération internationale. Cependant, avec la crise internationale, il est de plus en plus difficile de trouver des financements et il devient essentiel pour les ONG de développer leur réseau de soutien. C’est dans ce contexte que l’atelier de formation professionnelle en tissage, couture et artisanat a mis en vente ses produits, afin de pouvoir continuer à financer les activités de l’atelier et du projet. Depuis août 2012, des femmes sans emploi se sont formées en tissage dans l’atelier de Enda, et un projet de création d’emploi est en cours afin de leur offrir un travail à long terme.

C’est dans ce contexte qu’un contact a été établi avec l’entreprise exportatrice Caserita.com, qui pourrait exporter les vêtements et accessoires en alpaga de cet atelier. Des commandes de la boutique en ligne « Caserita.com » seraient un soutien pour le projet mais aussi pour ces femmes qui pourraient avoir une activité rémunérée et voir ainsi leurs conditions de vie s’améliorer, car en Bolivie tout se paye, même l’éducation et la santé.

Si vous le souhaitez, vous pouvez visiter le site web de Enda Bolivia El Alto sur le lien suivant : www.endaelalto.org  ou le site web de Bolivienda des Alpes aux Andes, une association française qui soutient ce projet en réalisant des actions bénévoles en France : www.bolivienda.org

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18 février 2013 · 9:14

Le Carnaval en Bolivie

A l’Est du monde :

A ses origines ancestrales, le Carnaval était une fête célébrée en Egypte, à l’approche du printemps. Les Grecs la célébrèrent sur le modèle de l’Egypte puis les Romains, qui l’amenèrent en Europe Occidentale, comprenant la Péninsule Ibérique. Parallèlement, des nombreuses populations fêtaient chaque année, à leurs manières, la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps. Toutes ces fêtes païennes furent ensuite récupérées par la célébration catholique du Carnaval.

Une fois le Catholicisme répandu en Europe, le Carnaval est devenu la fête précédant le Carême, 40 jours durant lesquels on ne pouvait plus manger de viande. En effet, le terme «carnaval» vient du latin «carnelevare», qui signifie «supprimer la viande».

A l’Ouest du monde :

Au XVème siècle, l’Empire Inca se fortifie en Amérique du Sud, plus particulièrement dans la région des Andes. Une des stratégies militaires élaborées pour coloniser les populations étaient de leur « permettre » de continuer à célébrer leurs fêtes traditionnelles. Les Incas avaient ainsi trouvé un moyen pacifique de ruiner les peuples colonisés, car ils dépensaient toutes leurs réserves alimentaires et financières, ce qui les rendait inaptes au combat et à la rébellion. Cela pouvait passer comme une faveur de la part de l’Empire, mais était en réalité une stratégie diplomatique pour rendre dociles les populations colonisées.

Lorsque les espagnols arrivèrent dans la région andine et comprirent l’avantage d’offrir aux populations autochtones le droit de continuer à célébrer leurs festivités traditionnelles, ils firent la même chose avec de nombreuses populations indigènes. Ce ne fut bien sûr pas le cas pour toutes les ethnies car nous savons bien que la plupart d’entre elles ont disparu en Amérique du Sud, mais ce fut le cas la région des Andes, plus particulièrement au Pérou et en Bolivie.

Le carnaval a été implanté en Amérique latine par les colons catholiques, mais lors de cette fête les peuples indigènes et les esclaves avaient le droit de participer aux festivités et de nombreuses expressions artistiques et culturelles ont pu ainsi survivre ou se créer et perdurer jusqu’à nos jours, «grâce» à la liberté d’expression accordée aux minorités lors de cette fête.

En Bolivie :

La Bolivie est le pays d’Amérique latine avec la population indigène la plus importante, plus de 50% de sa population totale. Cependant, bien que certaines traditions purement autochtones aient survécu, le syncrétisme culturel et religieux avec la culture espagnol et européenne reste majoritaire. Ainsi, juste après les fêtes de Noël, arrive le Carnaval. Le plus important est celui de la ville d’Oruro, qui se prépare toute l’année durant afin d’accueillir un défilé extraordinaire, qui dure 48 heures !

On peut observer lors de ce défilé des danses de tout le pays, métisses (comme la Morenada), purement indigènes (comme le Pujllay) ou cowboys (comme la Chacarera). De nombreuses danses étaient à leur origine des critiques du pouvoir ou du colonisateur, comme les Caporales dans les danses afro-boliviennes ou les Cusillos de la danse du Carnaval de La Paz, qui représente un colon espagnol autoritaire. Ce défilé extraordinaire est l’unique activité culturelle qui fait vivre la ville d’Oruro et lui a donné son prestige, avec la reconnaissance  de son Carnaval par l’Unesco comme Patrimoine Immatériel de l’Humanité.

Cependant, n’oublions pas que les espagnols il y a 400 ans eurent l’idée de copier les Incas, en «accordant» aux peuples indigènes et aux esclaves le droit de continuer à réaliser leurs danses traditionnelles lors du Carnaval, ou lors de fêtes catholiques. Ceci dans le but d’appauvrir les minorités, qui dépensaient une partie importante de leur capital pour marquer l’évènement. Ceci était aussi une manière de satisfaire les populations soumises, qui chercheraient moins à se rebeller si on leur faisait ce genre de faveur.

Aujourd’hui, il est moins évident de considérer la célébration des fêtes catholiques comme une stratégie de colonisation et de pouvoir. Cependant, on observe en Bolivie un phénomène curieux : les classes moyennes dépensent des sommes impressionnantes lors de ces festivités, que ce soit en costumes, en alcool ou en organisant une procession religieuse, qui dure un, deux ou trois jours. En effet, certains costumes traditionnels peuvent coûter jusqu’à 5000 dollars américains (en Bolivie on utilise quotidiennement le dollar, ça arrange les multinationales), et ce sont les personnes qui choisissent de défiler pour tel saint ou telle vierge qui paient leur inscription au défilé et leur costume, entre autres dépenses. Des économies de plusieurs années parfois sont dépensées dans un défilé, pour l’honneur de la famille qui participera et démontrera ainsi sa «richesse». Ainsi, l’élite riche ne risque pas de voir la classe moyenne s’enrichir. De plus, les places des spectateurs sont vendues par des multinationales de téléphonie mobile et non par les habitants locaux.

Conclusion :

Nous ne remettons pas ici en cause l’importance du patrimoine culturel d’un pays, sinon la façon dont il est exprimé. En ce qui concerne la Bolivie, l’histoire de cette stratégie de soumission des peuples a aussi permis à certaines expressions culturelles de se créer ou de survivre.

Cependant, il paraît inapproprié que des sommes si importantes d’argent soient gaspillées par les ménages des classes moyennes. Tout l’argent dépensé pour la Vierge de Socavón de la mine d’Oruro pourrait plutôt être utilisé pour payer des études, entretenir les fondations de la maison, ou encore payer des soins médicaux, quand on sait que la santé et l’éducation sont payantes en Bolivie…

Marine Faillettaz, La Paz, Bolivie.

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Classé dans Amérique Latine / América Latina, Interculturalité - Interculturalidad, Société / Sociedad

Occupy Wall Street: le mouvement demande le dépôt de sa « marque »

RTBF.be info

La bataille fait rage autour de la marque « Occupy Wall Street » (OWS), et six semaines seulement après sa naissance, le mouvement anti-Wall Street a demandé le dépôt de la marque, pour éviter d’en être dépossédé.

Le mouvement suscite autant l’intérêt pour les thèmes qu’il aborde – inégalités croissantes, pouvoir de la finance – que pour les produits dérivés qu’il pourrait générer, tee-shirts, casquettes, sacs et gadgets en tout genre.

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Grecia paralizada por la huelga para protestar en contra de la austeridad

LEMONDE.FR junto con AFP y Reuters

Vuelos cancelados, museos y escuelas cerradas, taxis y marinos en huelga. Grecia, que funciona a duras penas desde hace dos semanas en razón de una multiplicación de conflictos sectoriales –con los recolectores de basura, los auditores fiscales, los periodistas-, debería ser paralizada durante cuarenta y ocho horas al llamado de dos grandes sindicatos del país, Adedy (funcionarios) y GSEE (asalariados del sector privado) quienes llaman el miércoles, a una huelga general y a manifestaciones para protestar en contra de una ley de austeridad destinada a facilitar la adopción de un segundo plan de rescate del país actualmente en negociación en Bruselas. Se trata de la quinta huelga general desde principios del año, y la segunda de 48 horas desde finales de junio.

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Classé dans Société / Sociedad

La Grèce paralysée par la grève pour protester contre l’austérité

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters 

Vols annulés, musées et écoles fermés, taxis et marins en grève. La Grèce, qui tourne déjà au ralenti depuis deux semaines en raison d’une multiplication de conflits sectoriels – chez les éboueurs, les contrôleurs fiscaux, les journalistes –, devrait être paralysée pendant quarante-huit heures à l’appel de deux grands syndicats du pays, Adedy (fonctionnaires) et GSEE (salariés du privé) qui appellent, mercredi, à une grève générale et à des manifestations pour protester contre une loi d’austérité destinée à faciliter l’adoption d’un deuxième plan de sauvetage du pays actuellement en négociation à Bruxelles. Il s’agit de la cinquième grève générale depuis le début de l’année, et la deuxième de quarante-huit heures depuis la fin de juin.

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Tous fichés, tous surveillés : le nouveau Big Brother

Le Nouvel Observateur, 

Dossier. Alors que les fichiers de police se sont multipliés, les géants du high-tech sont les nouveaux rois du flicage. Les Etats et le privé possèdent des milliards de données personnelles. Vous avez dit Big Brother ?

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