« Squat, la ville est à nous ! » : les premiers ‘indignés’

Le Monde.fr

Après Attention danger travail qui donnait la parole aux RMIstes qui refusent « des boulots de merde payés des miettes » et Volem rien foutre al païs qui s’intéressait aux propositions alternatives des mouvements de décroissance, le documentariste Christophe Coello filme un groupe de militants barcelonais qui se réapproprie des immeubles désaffectés en les squattant pour lutter contre la gentrification des quartiers populaires.

Pendant huit ans, de 2003 à 2011, Christophe Coello a filmé les actions de « Miles de viviendas » (« des milliers de logements »), ce groupe de flibustiers barcelonais qui invente mille façons alternatives de penser la ville d’aujourd’hui pour qu’elle ne devienne pas un ghetto doré…

Un verrou qui cède, une porte qui s’ouvre, des cris de joie qui retentissent : un logement condamné est à nouveau occupé, squatté. La réappropriation qui ouvre le film de Christophe Coello est d’abord un moment d’intense vitalité. Jubilation dedéjouer les plans de la société immobilière qui a entrepris de vider l’immeuble de ses habitants, jubilation de redonner vie à un bout de ville morte, jubilation deconquérir un toit au nez et à la barbe des promoteurs et au soulagement des derniers voisins…

La scène se déroule dans un quartier populaire de Barcelone en proie à la spéculation mais elle pourrait aussi bien avoir été filmée dans n’importe quelle grande ville d’Europe. Gentrification, loyers hors de prix, opérations de « réhabilitation » destinées à remodeler la population d’une rue ou d’un centre-ville, autant de problématiques urbaines qui nous sont familières. Face à ces questions urbaines et sociales majeures, ces militants proposent une lutte concrète et collective : le squat, visant à se réapproprier les espaces urbains.

Mais, Gloria, Vicente, Ada et les autres ne se contentent pas d’investir des habitations promises à la spéculation financière, ils impulsent un esprit de résistance à l’échelle du quartier.
Ces squatteurs tentent de sensibiliser l’opinion en manifestant dans la rue, en collectant des informations sur les magouilles immobilières en cours, en organisant des opérations festives de déminage du béton armé, en s’introduisant chez les responsables de ces transformations urbaines qu’ils refusent ou encore en instaurant un dialogue avec leurs voisins comme dans cet échange improbable et pourtant fructueux qu’ils mènent avec des vieilles dames du quartier de la Barceloneta.

Engagés dans des luttes collectives en symbiose avec la population locale, ces jeunes se réapproprient des espaces de vie, réinventent le champ de l’action politique, questionnent la démocratie à travers des débats passionnés et réfléchis et des actions non-violentes, souvent pleines d’humour et de vitalité.

Même s’il s’enfonce dans un parti-pris trop radical pour poser les termes d’un débat à mener, le documentaire, dont l’intérêt est plus politique et social que cinématographique, soulève des enjeux essentiels pour penser la ville contemporaine.

D’ailleurs, à travers l’histoire de ces squatteurs de Barcelone, on découvre certains fondements du mouvement des « Indignés » qui a secoué l’Espagne en particulier mais aussi beaucoup d’autres pays à travers le monde.

site du documentaire Squat, la ville est à nous

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