Objectif: 100% d’énergies renouvelables

Le Télégramme.com, août 2011. 

Sept communes costarmoricaines ont fait le pari d’un plan «territoire 100% énergies renouvelables et locales» d’ici 2030, une démarche unique en France.

L’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables naît au début des années 2000 à partir des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local. Plus de 20% de la consommation d’énergie de la communauté devrait être «produite sur le territoire par des énergies renouvelables» dès 2013, assure aujourd’hui Jacky Aignel. La démarche est vitale, selon lui, pour maintenir l’activité agricole, sensible aux prix du pétrole, et diversifier le tissu économique et social de ce micro-territoire de 165 km2 pour 6.500 habitants, essentiellement des agriculteurs et des employés d’un abattoir industriel. Une huilerie de colza-carburant, Menergol, ouvre le bal en 2007 à Saint-Gouéno: pressées à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel de tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail, évitant ainsi leur importation du Brésil. «Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt…», assure Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes.


Une «boucle vertueuse»

Dans deux autres communes, des chaufferies consommant du bois local alimentent les réseaux de chaleur de 4.500m² de bâtiments publics et privés. Le système, qui permet de remplacer plus de 300 tonnes de fioul, sera généralisé à l’ensemble de la communauté de communes. Au bois provenant des forêts, les chaufferies vont ajouter – à hauteur de 20% – le bois issu d’une plantation de saules de 15 hectares, irrigués par l’eau rejetée par la toute nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin. «C’est la boucle vertueuse», se félicite DominiqueRocaboy, agriculteur et président de la structure. Initiée par une trentaine d’éleveurs porcins, l’usine produira 13.800 mégawatts d’électricité par an à partir de 75.000 tonnes de déchets, lisier et boues issues de la filière agroalimentaire. «D’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable», analyse Laurent Gaudicheau. Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. Toujours dans le même élan, la communauté de communes du Mené vient d’inaugurer une pépinière d’entreprises dédiées aux énergies renouvelables. On y travaille aussi sur un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants. Pour fédérer ces démarches rares, la communauté de communes a lancé en juin une charte pour les territoires «100% énergies renouvelables».

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